Témoignage de Laurence, 34 ans
Publié en octobre 2004

Je m'appelle Laurence et j'ai 34 ans. Il y a un an et demi je me suis portée volontaire pour accompagner la classe de ma fille (moyenne section de maternelle) à un spectacle musicale au théatre de Vénissieux. A un moment, il y a eu un violent coup de cymbale réalisé par une bruiteuse, et là j'ai eu mal aux oreilles. N'étant pas informée sur les méfaits du bruit, je suis restée dans la salle et j'ai eu du mal à supporter le duo de guitares électriques qui a suivi. Les enfants qui m'entouraient, ainsi que les artistes sur scène, se sont bouché les oreilles à plusieurs reprises.

En sortant, je souffrais de maux de tête et j'avais un sifflement dans les oreilles. J'ai cru que cela passerait, mais au bout de 5 jours, je ne supportais plus ce parasite sonore. De plus, il me semblait que j'entendais mal. J'ai donc consulté mon médecin qui m'a orientée vers un O.R.L.. Il constata une perte d'audition de l'oreille gauche (au niveau des 4000 hertz) et me mit immédiatement sous perfusion pendant sept jours.

Etant prothésiste dentaire, j'ai été arrêtée pendant plus d'un an. Grâce au traitement, j'ai récupéré mon audition, mais hélas, j'ai gardé les acouphènes dans chaque oreille, et de plus j'ai une hyperacousie qui me pourrit la vie. J'ai perdu mon travail.

J'ai consulté plusieurs O.R.L. à Lyon et dans l'Hérault, sans résultat.

Je viens de reprendre une activité à mi-temps dans un bureau, mais malgré la compréhension de mes collègues et supérieurs, je souffre du bruit qui m'entoure sur mon lieu de travail. Le ronronnement des ordinateurs est difficilement supportable.
Le médecin du travail m'a conseillé de demander une aide à la COTOREP afin que l'on puisse aménager mon poste. Ceci m'a été refusé car j'ai été reçue par un médecin qui ne connaissait pas ma maladie et s'est pratiquement moqué de moi quand je lui ai parlé du bruit des ordinateurs. Cet entretien m'a fait souffrir car cette personne n'a pas la moindre idée de ce qu'endure les personnes dans mon cas, au travail mais aussi dans la vie de tous les jours.

Mes enfants et mon mari ont très mal vécu les premiers mois aprés le traumatisme sonore. J'ai fait une dépression, vu un psy et pris anti-dépresseurs et anxiolythiques. A présent, je n'ai plus de traitement, je vis en essayant d'accepter ceci, et j'espère encore me réveiller un jour avec la possibilité de réentendre le SILENCE.

Depuis le début, j'ai entrepris des démarches pour que l'on m'aide. Ma protection juridique m'a laissée tomber. L'assurance des artistes déclare qu'ils ne sont pas responsables. Et quand je me suis renseignée auprès d'un avocat, il m'a dit de laisser tomber car je n'ai aucune preuve. Quand à l'assurance de l'école, elle me propose de rencontrer un expert, ce que je vais faire, mais je ne vois pas comment il peut démontrer le lien de cause à effet.



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