Témoignage de D., 20 ans
Publié en avril 2002

Bonjour, je m'appelle D. et j'ai 20 ans. Je suis quelqu'un d'assez renfermé (je déménage souvent) et je n'ai pas beaucoup d'amis dans les parages. Ainsi, je ne sors jamais de chez moi, et je ne vais jamais en boîte de nuit, ou tout autre endroit où la musique est trop forte (donc, désagréable).
Pourtant, j'adore la musique (la variété française de préférence) et j'ai même une page consacrée à mes œuvres.

J'ai été victime d'un traumatisme sonore, lors d'un concours de programmation organisé par une école d'ingénieur en informatique sur Paris.

Dans la salle de jeux, je jouais au baby-foot (c'est très reposant lors d'un tel concours durant 36 heures NON STOP). Quand soudain, un "DJ" nous a fait de la musique de barbare (ce gars-là devait être complètement inconscient ou SOURD) consistant à mélanger des sons d'intensités et de fréquences très élevées. De plus, les enceintes qui laissaient passer le bruit, étaient vraiment nulles, et trop aiguës...

Au bout de quelques minutes, le "DJ" n'ayant plus d'inspiration, tellement il avait mélangé de sons pour nous faire une mixture auditive des plus catastrophiques, moi je trouvais cela insupportable, et mes oreilles ont souffert à cet instant. J'ai tellement souffert qu'au bout de quelques minutes, j'ai dû me boucher les oreilles et sortir de la salle puisque c'était insoutenable et que ça m'attaquait les tympans d'une manière beaucoup trop violente...

Au moment où j'ai ouvert la porte, tout heureux d'être enfin sorti de cet ENFER SONORE, j'ai remarqué que mes oreilles sifflaient étrangement, et que j'entendais les bruits comme on entend un haut-parleur sans les aiguës... J'avais perdu ma faculté auditive à percevoir les bruits aigus d'intensité normale...

Heureusement, je m'en suis tiré (enfin, c'est ce que je croyais), car plus aucun sifflement forts ne venaient me déranger. En fait, il y avait toujours des sifflements (c'est ce que j'ai remarqué récemment), mais je ne l'ai pas perçu puisque l'intensité du sifflement était bien plus faible que celle que j'avais ressentie juste après mon traumatisme sonore. J'ai en fait des acouphènes légers et fluctuants que je perçois la plupart du temps uniquement dans le silence.

Aujourd'hui, en raison de ce traumatisme sonore, je souffre d'hyperacousie et je n'ose même pas vous faire partager le malheur dans lequel on se trouve quand on souffre de ce symptôme. En gros, tous les bruits brefs et aigus nous alarment autant qu'un réveil ou qu'une personne prononçant votre prénom. Et ceci, toute la journée ! Imaginez une standardiste qui reçoit des centaines d'appels téléphoniques en une journée. Ce qui la fatigue par dessus tout, c'est bien le bruit alarmant des téléphones... Quand notre organisme est trop alarmé dans la journée, on en peut plus le soir. On se trouve dans un état nerveux maximal, et pour s'endormir, je ne vous raconte pas le calvaire. Tous les bruits nous alarment (comme un réveil) donc, dès qu'on s'endort, quand on a réussi à éliminer le maximum de bruit (avec des protections auditives bien sur), et qu'on a éteint la chaudière (on est donc obligé d'avoir froid pour ne pas entendre les bruits de la chaudière), on peut enfin s'endormir...

Si vous dîtes à l'un de vos proches de venir dans votre chambre à 4 heures du matin, pour claquer du doigt, je peux vous assurer qu'en état d'hyperacousie élevée, vous êtes obligé de vous réveiller instantanément ! Vous imaginez donc l'horrible souffrance. Heureusement, je ne suis pas toujours dans un état d'hyperacousie maximale, sinon je serai vraiment dépressif...

J'essaie d'avoir un bon rythme de sommeil car cela a un effet positif sur mon état.



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