Les ravages du bruit
L'excès de bruit omniprésent

Au travail

Le bruit est très présent dans le monde professionnel, en particulier dans l'industrie. Ce sont les métiers liés au métal les plus touchés (chaudronnerie, forge, tôlerie) mais aussi les scieries, verreries et industries de tissage.

Les secteurs du BTP et du transport sont également particulièrement exposés au bruit. Chez les conducteurs de poids lourd, le déficit auditif est en moyenne de 20 dB.

Les musiciens sont aussi très menacés. c'est vrai pour la musique amplifiée et dans une moindre mesure pour la musique classique (percussions, cuivres). Une étude française montre que sur 400 musiciens de rock, 70% souffrent de troubles auditifs !

Dans les loisirs

Baladeurs

Les risques des baladeurs sont les seuls à avoir fait l'objet d'une médiatisation et les premiers à avoir donné lieu à législation. Utiliser ces appareils est pourtant moins dangereux que de fréquenter concerts de rock et discothèques, car l'utilisateur peut contrôler le volume sonore auquel il est soumis.

Cependant, l'écoute d'un baladeur à une puissance sonore excédant 85 dB peut produire des troubles auditifs durables. Une personne utilisant un baladeur plus d'une heure par jour expose son audition à des risques et à une fatigue auditive.
Un arrêté du 24 juillet 98 du Ministère de la Santé limite la puissance sonore maximale de sortie des baladeurs à 100 dB. (Art 4). Il impose d'autre part une étiquette lisible, non détachable, portant la mention "A pleine puissance, l'écoute prolongée d'un baladeur peut endommager l'oreille de l'utilisateur" (Art. 5).

L'utilisation des lecteurs de CD portables apporte un risque supplémentaire du fait de leurs performances plus élevées que les baladeurs classiques (meilleure rendu des aigus, qui sont les plus dangereux).

Concerts et discothèques

Les niveaux sonores en boîtes de nuit ou discothèques sont généralement très élevés : des valeurs atteignant 100 à110 dB en moyenne, avec des maximums de 115 voire 120 dB.

Pour les concerts, la situation est plus dramatique encore : un concert de rock dépasse souvent les 120 dB. Des puissances encore plus démentes ont parfois été mesurées : 138 dB devant la scène et jusqu'à 139,5 dB à proximité des baffles (équivalent sonore d'un turbo réacteur au banc d'essai !).

Comme le montre l'échelle du bruit, rester 2 heures exposé à de tels niveaux sonores conduit nécesairement à des lésions auditives.

On sait par exemple que 10 à 15 % de personnes exposées à des niveaux de 110 dB pendant une minute subissent des altérations irréparables de leur audition.

Quand on connaît les effets de la surpuissance sonore et les conséquences des traumatismes auditifs sur l'existence des victimes, on peut affirmer que de telles pratiques sont réellement criminelles !

Que font les pouvoirs publics ?

Un décret de mars 1997, se référant aux discothèques "limite" la pression acoustique à un niveau moyen de 105 dB. Quant aux concerts, un décret de décembre 1999 "limite" le niveau sonore à 105 dB en moyenne et 120 dB en crête.

La législation ne protège pas des risques car elle fixe des seuils dangereux : les concerts et les discothèques font des handicapés en toute légalité !

Cela est d'autant plus révoltant que les spectateurs sont exposés à ces risques à leur insu : aucune prévention ou mise en garde n'est effectuée, que ce soit par les organisateurs de concerts ou de soirées, les pouvoirs publics ou les médecins !

Diffuser ces informations, alerter le public et le pouvoir, faire changer et respecter la loi, obtenir la reconnaissance et l'indemnisation des victimes : tels sont les combats de l'APTA.



précédent Sommaire de la rubrique    précédent Page précédente    haut Haut de la page
imprimer Mettre en forme pour impression     envoyer Envoyer à un ami

Valid XHTML 1.0!    Copyright © Association de Prévention des Traumatismes Auditifs (APTA). Tous droits réservés.    Valid CSS!